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Le bus d'Into the Wild déplacé en Alaska

Film Roman
Les amateurs d’Into the Wild s’en souviennent tous, le bus dans lequel Christopher (Emile Hirsch) vit est devenu mythique, mais aussi une source d’ennui pour les riverains et les secouristes. Depuis le 18 juin 2020, celui-ci a été déplacé vers une zone inconnue.

C’est l’histoire d’un bus

Tout commence avec une mine riche en antimoine, un métalloïde principalement utilisé pour colorer des feux d’artifices ou encore du verre mais aussi, allié au plomb, pour les cartouches de fusil de chasse ou pour les caractères d’imprimerie.

Dans les années 1930, le mineur Earl Pilgrim décide de tracer une piste, la piste Stampede, pour se rendre dans cette mine. Au début des années 1960, il fut décidé de transformer cette piste en route. Le temps de réaliser ces travaux, l’entrepreneur Yukan achète de vieux autobus hors d’usage et créer des logements provisoires pour ses ouvriers. Une fois les travaux achevés, deux de ses bus ont été rapatriés, mais le troisième resta sur place. 

Le bus 142 devient alors un refuge pour chasseurs ou trappeurs durant l’automne ou l’hiver. Personne ne l’utilise en été, jusqu’à l’arrivée de Christopher McCandless.

Christopher McCandless et le bus 142

En 1990, Christopher McCandless obtient un diplôme d’histoire et anthropologie à l’Université Emory d’Atlanta. Juste après sa remise de diplômes, le jeune homme décide de donner tout son argent à l’organisation humanitaire OXFAM America et quitte sa famille. Inspiré par le roman de Jack London, L’Appel de la forêt, il se met en route pour l’Alaska. Il traverse de nombreux États et vit de multiples aventures comme l’engloutissement de sa voiture en Arizona dans un lit de rivière qu’il croyait asséché ou encore une arrestation en voulant revenir aux États-Unis sans papiers d’identité après un bref séjour au Mexique.

Le 1er mai 1992, Chris McCandless, qui avait adopté le surnom d’Alexander Supertramp, s’installe dans ce bus abandonné pour y vivre une centaine de jours. Il s’y nourrit de petits animaux ou encore de racines. Un jour, le jeune aventurier ingère une germe, jugée comestible dans son guide de plantes comestibles, mais en réalité toxique. Le poison le rend trop faible pour marcher, chasser, cueillir… Il décède dans le bus, enveloppé dans son sac de couchage. Son corps est retrouvé le 6 septembre 1992 par un jeune couple, eux-mêmes découverts effrayés près du corps par trois chasseurs. 

Naissance d’Into the Wild et d’un cauchemar

Into the Wild n’est pas seulement le film sorti en 2007, mais surtout le titre du récit biographique ayant inspiré le long métrage. Écrit par Jon Krakauer en 1993 dans Outsidepuis publié en livre en 1996, l’auteur retrace l’histoire complète de ce jeune homme décidant de tout plaquer pour retourner à la vie sauvage. L’auteur fut un des premiers à démontrer que Christopher McCandless était décédé à la suite d’un empoisonnement alors que beaucoup penchaient pour de la malnutrition.  

Ému par cette histoire, Sean Penn réalisa en 2007 le célèbre film traitant de cette aventure hors du commun. Avant de se lancer dans ce projet, le cinéaste a attendu d’avoir l’accord complet de la famille de Christopher McCandless. Incarné par Emile Hirsch, qui a effectué lui-même ses cascades, le héros porte d’ailleurs une montre bien particulière. C’était celle de Christopher McCandless lui-même, un cadeau offert à l’acteur par la famille du disparu.

Mais si le récit, puis le film, ont connu des succès fulgurants, le bus a,lui aussi, bénéficié de ce coup de projecteur, au grand dam des habitants de Healy et de ses secouristes.

En effet, dès la sortie de l’article, qui deviendra plus tard un livre, les randonneurs se multiplient pour rejoindre le fameux bus abandonné. Seulement celui-ci se situe dans une zone à haut risque.

Pour rejoindre le fameux sentier, les randonneurs, chasseurs et autres trappeurs doivent passer par la rivière Teklanika. Rapide, glacée et surtout imprévisible, de nombreux touristes ont succombés en tentant de la traverser.

En 2010, un couple d’aventuriers, une femme suisse de 29 ans et un homme français de 27 ans, ont tenté de rejoindre le bus en traversant la rivière. Ils ont perdu pied et ont été emportés par le courant. L’homme avait réussi à s’en sortir, mais la femme y est décédée.

Même constat en 2019, une jeune femme biélorusse, accompagné de son mari, s’est noyée en tentant de rejoindre le bus 142. Cette militante prodémocrate était reconnue au sein de la société civile biélorusse, notamment pour la réalisation d’un documentaire consacré aux mères de jeunes condamnés pour avoir consommé un peu de cannabis, des condamnations lourdes, en vigueur dans le pays.

En plus de ces tragiques disparitions, plus d’une quinzaine d’interventions de sauvetage ont été effectuées entre 2009 et 2017. Des randonneurs tentant de réaliser le même parcours, pris dans le courant, surpris par les conditions météorologiques ou encore trop peu équipés pour une telle aventure. Excédés, les sauveteurs et les habitants réclamaient, depuis près de trente ans, le démantèlement ou le retrait, de cette épave trop convoitée.

À plus le bus

À contrecœur, car il s’agit là d’un véritable morceau d’histoire, les autorités compétentes composées des départements des transports, des ressources naturelles et des affaires militaires ont réalisé, conjointement, l’extraction du bus 142.

Crédit photo : News-24.fr

Aidé d’un hélicoptère, d’un camion remorqueur et d’un avion, les différents services ont tour à tour pris en charge l’épave pour la déplacer dans un site sécurisé tenu confidentiel. Les différents acteurs du territoire et les habitants espèrent ainsi réduire et même faire disparaître toute tentation de rallier le point du bus 142. Certains pensent que le site attirera incontestablement certains téméraires, mais, l’épave en moins, beaucoup rebrousseront chemin.

Pour les plus déçus, il faut malgré tout noter qu’une reproduction fidèle du bus 142 est à retrouver sur le parking du 49th State Brewing Co, bien loin des dangers d’une randonnée mortelle.


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Par Damien Duarte

vendredi 19 juin 2020

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