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Passage piéton d'Abbey Road

Musique Abbey Road The Beatles (album - 1969)
L'année 1969 fut déterminante dans l'histoire de la musique contemporaine pour de nombreuses raisons. L'année de Woodstock et d'Altamont mais aussi celle de la sortie du monument Abbey Road, le onzième album des Beatles. Un groupe alors au sommet de son art et pourtant au bord de la rupture.
Abbey Road Londres
Abbey Road Londres - Crédit photo : Fantrippers

 “Les Beatles ont sauvé le monde de l’ennui.”

George Harrison, guitariste et chanteur des Beatles.

Alors que les années 1960 s’achèvent, les Beatles sont dans une sorte d’impasse. Éreinté par les sessions difficiles de Let It Be, le groupe accepte néanmoins de revenir dans les studios d’Abbey Road pour enregistrer un album “à l’ancienne”. L’idée vient de Paul McCartney et tous les autres acceptent de le suivre une dernière fois. Lui aussi partant pour revenir aux bases, le légendaire producteur d’Abbey Road, George Martin, auquel les quatre musiciens doivent énormément, se fait accompagner par Alan Parsons. Même Geoff Emerick, l’ingénieur du son dont la carrière est aussi associée à celle des Beatles, donne son accord et revient dans la partie. L’objectif du projet est clairement énoncé : mettre les tensions de côté pour tenter de retrouver la magie des débuts et ainsi donner au combo une chance de finir sur quelque chose de grandiose. George Harrison déclarera plus tard :“Nous ne savions pas, ou en tout cas je ne savais pas, que nous nous apprêtions à enregistrer le dernier disque des Beatles, mais nous avions tous d’une certaine manière le sentiment que nous étions arrivés au bout du chemin.”.

Quand les sessions commencent, l’atmosphère est cordiale mais loin d’être aussi bonne que lors des débuts. Aucune dispute notable n’éclate pendant tout le temps où les musiciens travaillent. C’est un progrès, mais il faut souligner qu’il est rare que tous soient réunis au même endroit simultanément. Le plus souvent, Paul McCartney est seul ou accompagné de George Harrison ou de Ringo Starr. Parfois, ils travaillent en duo ou en trio. Néanmoins, des morceaux “obligent” les Fab Four à se retrouver, comme Come Together. George Martin déclare à ce propos : “Si un Beatle est présent, c’est bien. Deux Beatles, c’est super. Trois Beatles, c’est fantastique. Mais quand ils se retrouvent tous les quatre, c’est là qu’une chose inexplicable se produit. Une magie que personne n’est capable d’expliquer.” L’album est aussi marqué par des innovations techniques. Comme toujours depuis qu’ils ont abandonné les tournées pour se consacrer au travail en studio, les Liverpuldiens tentent de repousser leurs propres limites. C’est aussi désormais ce qu’on attend de leur part. Sur Abbey Road, le groupe profite ainsi pour la première fois d’un enregistreur 8-pistes. George Harrison joue aussi d’un nouvel instrument, un synthétiseur Moog, spécialement conçu par Robert Moog, son créateur. 

Concernant la pochette, il est dans un premier temps question d’appeler le disque <i>Everest</i> et donc de photographier les artistes devant l’immense montagne. Mais cette idée est finalement mise de côté car personne n’a envie de faire le déplacement jusqu’en Himalaya pour simplement prendre une photographie. Les Beatles optent donc pour la simplicité. L’album s’appellera Abbey Road, d’après le nom des studios dans lesquels ils ont bâti leur légende. Pour la pochette, Paul McCartney a une idée aussi efficace que peu coûteuse. Les musiciens demandent à Iain MacMillian de se charger de la photographie. Le 8 août 1969, le groupe se réunit sur le trottoir devant les studios. Paul McCartney, Ringo Starr et John Lennon sont vêtus d’un costume et George Harrison d’un ensemble en jean. Un policier bloque la circulation. Les Beatles traversent la rue, au niveau du passage piéton, devant l’objectif de Iain MacMillian. En dix minutes à peine, l’affaire est réglée. Une fois arrivé de l’autre côté de la rue, le groupe fait un nouveau passage. Pour sélectionner le cliché définitif, le photographe opte pour le seul où les jambes de tous les Beatles forment un V parfait. En arrière-plan, Paul Cole, un touriste américain, assiste à la session et observe les musiciens, qu’il ne connaît pas, d’un œil amusé. Les pieds nus de Paul McCartney lui laissent penser que ces derniers sont un peu dingues. Un an plus tard, de retour au pays, Paul Cole se découvre sur la pochette du disque alors que sa femme tente de reproduire la mélodie de Something à l’orgue. 

La Volkswagen Beetle, quant à elle, est aujourd’hui exposée dans un musée à Wolfsburg en Allemagne. Le véhicule est au centre d’une légende figurant parmi les plus étranges du rock. Dès que l’album fut publié, des rumeurs concernant la soi-disant mort de Paul McCartney commencèrent à circuler. Le Beatle se serait tué dans un accident de la route en novembre 1966. Un sosie aurait donc été engagé. Pour alimenter cette folle théorie, ses partisans affirmèrent que le fait qu’il soit pieds nus sur la pochette constituaient un indice flagrant. Après tout, les Beatles sont intimement liés à l’Inde et dans ce pays, les morts sont pieds nus. Autre indice : la plaque d’immatriculation de la Volkswagen indique LMW 28 IF soit, pour les théoriciens du complot : Living-McCartney-Would be 28 IF (“McCartney aurait eu 28 ans SI.”) Le fait que sur la photo, il tient sa cigarette de la main droite alors qu’il est gaucher finit de convaincre. La rumeur a beaucoup amusé le principal intéressé. Et s’il était bien vivant au moment de la sortie d’Abbey Road, le groupe lui, n’allait pas tarder à mettre un terme définitif à sa glorieuse aventure.

30 000 000

Abbey Road s’est vendu à 30 millions d’exemplaires. C’est le deuxième plus gros succès du groupe derrière Sgt. Pepper.

Abbey Road crossing

Ce sont les studios d’enregistrement les plus connus du monde. Une institution ayant largement bénéficié de la célébrité des Beatles, dont la pochette de l’album Abbey Road a aussi conféré une exposition inattendue à un simple passage piéton.

Les fans viennent par centaines chaque semaine pour reproduire la célèbre pochette de l’album Abbey Road, sur le passage piéton situé devant l’entrée des légendaires studios. Un sanctuaire intimement lié à la carrière des Fab Four, ayant aussi accueilli des artistes de premier plan comme Artur Schnabel, Cliff Richard, The Shadows, Pink Floyd, Kanye West, Green Day, The Killers, U2 ou encore Lady Gaga. C’est également ici que fut enregistrée la bande-originale de la trilogie du Seigneur des Anneaux par Howard Shore.

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Par Gilles Rolland

mercredi 15 décembre 2021

Passionné de cinéma, de rock and roll, de séries TV et de littérature. Rédacteur de presse et auteur des livres Le Heavy Metal au cinéma, Paroles de fans Guns N' Roses, Paroles de fans Rammstein et Welcome to my Jungle : 100 albums rock et autres anecdotes dépareillées. Adore également voyager à la recherche des lieux les plus emblématiques de la pop culture.

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