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Bramford

Roman Rosemary's Baby Ira Levin (1967)
Superbe immeuble de style French Renaissance du début du XXe siècle, l'Alwyn Court dénote avec la modernité des buildings environnants. Un édifice majestueux ayant inspiré l'écrivain Ira Levin quand vint le moment d'imaginer le lieu de naissance de l'enfant de l'infortunée Rosemary...
Alwyn Court New York
"Alwyn Court terracotta apartment building 180 W58, at Seventh Ave New York"par neeravbhatt est sous licence CC BY-NC-SA 2.0

– Mais… des choses aussi affreuses doivent bien arriver de temps en temps dans tous les immeubles, dit Rosemary.

– De temps en temps, dit Hutch. Mais le problème, c’est que, justement, au Bramford, ces choses-là arrivent plus souvent que “de temps en temps”. Il s’y passe aussi d’autres accidents moins spectaculaires. Par exemple, on y a relevé un nombre de suicides beaucoup plus élevé que dans des immeubles de même importance.

– Quelle en est la raison, Hutch ? dit Guy, feignant un air grave et soucieux.

Ira Levin (Rosemary’s Baby)

Deuxième roman d’Ira Levin, un dramaturge également scénariste de télévision à ses heures, Rosemary’s Baby est né d’un échec à Broadway. “À la recherche d’une idée pour un roman à suspense, je me suis intéressé aux conditions du développement du fœtus. À ce stade, je ne pouvais imaginer que deux possibilités : ma malheureuse héroïne devait porter en elle soit un extraterrestre soit le Diable. Le sujet des aliens ayant déjà été abordé, j’ai vite senti que j’étais coincé avec Satan”, affirmait l’auteur dans une réédition du roman publiée en 2003 par la New American Library. Ira Levin précisait également qu’il ne croyait pas lui-même en l’existence du Malin.

L’éditeur de son premier roman, La Couronne de cuivre, lui suggère quelques idées, mais l’écrivain n’en tient pas compte et va jusqu’au bout de son histoire, réfléchissant même à situer la conception du bébé de Rosemary à une date symbolique. Son choix se porte sur le 4 octobre 1965, soit le jour de la venue du Pape à New York et de sa célébration d’une grande messe au Yankee Stadium. New York s’était auparavant imposée telle une évidence quand vint le moment de situer le récit, Ira Levin étant un New-Yorkais pur jus, né dans le Bronx.

Si Roman Polanski, le réalisateur s’étant emparé du roman pour en faire un film, a jeté son dévolu sur le Dakota Building afin d’y situer l’intrigue, Ira Levin lui, mit en avant l’un des trésors méconnus de Manhattan, l’Alwyn Court, un luxueux immeuble d’habitations destiné à être le théâtre de l’arrivée sur terre de l’Antéchrist. Un choix judicieux tant la devanture et ses sculptures sophistiquées, ainsi que la stature somme toute unique du bâtiment, font écho aux enjeux développés par Ira Levin dans son roman… S’il ne gagne aucune grande récompense avec cette terrifiante histoire centrée autour d’une jeune femme condamnée à enfanter le fils de Satan, Ira Levin décroche un authentique succès populaire.

Il enchaînera par la suite avec d’autres best-sellers, dont trois également adaptés au cinéma, à savoir Les Femmes de Stepford, Sliver et Ces garçons qui venaient du Brésil. L’auteur acheva sa carrière par la publication en 1997 d’une suite à Rosemary’s Baby, intitulée Le Fils de Rosemary. Dans celui-ci, Ira Levin imagine l’avènement du Diable au moment du passage à l’An 2000.

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Rosemary’s Baby a été porté à l’écran à deux reprises : une fois au cinéma et une fois à la télévision.

Rosemary's baby
Romseary’s Baby. Tous droits réservés : Pegasus Classics.

Alwyn Court

Remarquable ouvrage d’architecture à l’origine composé de plusieurs appartements de quatorze chambres et cinq salles de bain, bien entendu réservés à l’élite de la ville, l’Alwyn Court est un joyaux trop souvent ignoré.

Construit entre 1907 et 1909, inscrit au Registre national des lieux historiques depuis 1979, l’Alwyn Court fut bien difficile à remplir durant la grande dépression. D’où sa fermeture jusqu’en 1938, afin de le rénover et de remodeler le découpage de ses logements. Sa façade, quant à elle, a fait l’objet d’une restauration par Beyer Blinder Belle en 1980 et 1981. Le bâtiment comprend une cour intérieur de forme octogonale dans laquelle trône une sublime façade architecturale peinte entre 1977 et 1982 par l’artiste Richard Haas.

Publié pour la première fois en 1968, Rosemary’s Baby est le second roman d’Ira Levin. Articulé autour de questions relatives à la foi religieuse, le livre remporte un franc succès auprès du public. Il fait l’objet d’une adaptation signée Roman Polanski avec Mia Farrow dans le rôle principal. Ira Levin pour sa part, a écrit la suite, intitulée Le fils de Rosemary en 1997.

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Fanspots Stories New York

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Découvrez les secrets des lieux cultes des plus grands chefs d’œuvre de la pop culture à New York !

Capitale mondiale de la pop culture, New York incarne une liberté de création débridée. La ville qui ne dort jamais a été la muse d’un grand nombre de réalisateurs, acteurs, scénaristes, chanteurs, musiciens, dessinateurs et écrivains…

Beaucoup ont transmis leur fascination pour la cité auprès du grand public et rendu mondialement célèbres quelques uns de ses lieux, les faisant passer dans la légende de la pop culture. Ce sont les secrets de cent d’entre eux que révèle ce premier volume de la collection Fanspots Stories.

Le saviez-vous ?
Savez-vous que le tournage du clip du titre Sleep Now in the Fire de Rage Against The Machine a provoqué l’arrêt de Wall Street pour la première fois depuis 1929 ; qu’Alfred Hitchcock a tourné des scènes de La Mort aux trousses en caméra cachée à l’ONU ; que David Schwimmer, l’interprète de Ross, ne savait pas où se trouvait l’immeuble de Friends avant de se retrouver par hasard dans le restaurant du rez-de-chaussée ; que John Carpenter fut le premier réalisateur que la ville autorisa à tourner au pied de la statue de la Liberté pour New York 1997 ; que Michael Jackson a tourné deux fois dans le même station de métro de Brooklyn ; ou encore que la photo sur la pochette des Ramones fut prise à côté du CBGB, où ils firent leurs débuts ?

Fanspots Stories New York, c’est aussi
La caserne de SOS Fantômes, le célèbre pont d’Il était une fois en Amérique, le Katz’s Delicatessen de Quand Harry rencontre Sally, l’immeuble de Friends, l’appartement de Carrie Bradshaw dans Sex and the City, le Daily Planet de Superman, la bouche de métro de Marilyn Monroe, le Chelsea Hotel de Leonard Cohen, la station de métro du mythique clip Bad de Michael Jackson, l’Albert’s garden des Ramones, la Paul’s Boutique des Beastie Boys, l’immeuble de Physical Graffiti de Led Zeppelin, la tour où DJ Kool Herc a créé le hip-hop, le Baxter Building des Quatre Fantastiques, le Daily Bugle de Spider-Man, le Plaza de Gatsby le magnifique, le Brooklyn Bridge de la Trilogie new-yorkaise de Paul Auster, le Birdland évoqué par Jack Kerouac dans Sur la Route…

Réalisé par une équipe de spécialistes de la pop culture et agrémenté par de nombreuses anecdotes, Fanspots Stories New York raconte bien plus qu’une histoire : il s’agit de quelques-unes des histoires les plus fascinantes de la pop culture.

Fanspot Stories New York
100 lieux cultes pop
un concept unique et inédit
224 pages de plaisir
un beau livre grand format 24 x 30, dos rond tranchefil

L'avis de Fantrippers
Qualité du contenu

Intérêt pour les fans

Rapport qualité/prix

Découvrez tous les lieux de Rosemary's Baby sur notre carte


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Par Gilles Rolland

mercredi 15 décembre 2021

Passionné de cinéma, de rock and roll, de séries TV et de littérature. Rédacteur de presse et auteur des livres Le Heavy Metal au cinéma, Paroles de fans Guns N' Roses, Paroles de fans Rammstein et Welcome to my Jungle : 100 albums rock et autres anecdotes dépareillées. Adore également voyager à la recherche des lieux les plus emblématiques de la pop culture.

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