Loading...
Article

La Vienne et la Haute-Vienne : décors du film de Xavier Beauvois, Les Gardiennes

0

Gardiennes de la ferme et Gardiennes de la vie familiale alors que les hommes sont au front, Nathalie Baye et Laura Smet ont passé quelques jours sur les terres de la Vienne (86) et de la Haute Vienne pour tourner le film de Xavier Beauvois.

Pour la première fois sur grand écran écran ensemble - elles avaient joué dans une scène de la série télévisée 10 pour cent - les deux actrices ont donné de leur superbe pour ce très beau film féministe. L’une était Solange, l’autre était Hortense. Interprétant à la ville comme à la scène, une mère et sa fille, elles sublimaient le rôle des femmes pendant la Première guerre mondiale. Alors que ses deux fils et son gendre sont au front, la cheffe de clan doit s’occuper de la ferme familiale du Pradier. Sa fille est à ses côtés pour les travaux domestiques et les travaux des champs. Pour les seconder, Solange décide alors d’embaucher Francine, une fille de l’Assistance publique.

 

Après des repérages dans le Nord de la France qui ne donnèrent pas satisfaction, c’est dans la Haute-Vienne (87) et la Vienne (86) que Xavier Beauvois et la production du film ont déniché des lieux à la mesure de leurs espérances. Les décors naturels et les constructions intactes de certains lieux ont fini de les convaincre.

 

Le département de la Haute-Vienne accueillit plusieurs jours de tournage, notamment en gare de Verneuil-sur-Vienne. C'est Caroline Champetier, chef-opératrice, qui dirigeait alors la manoeuvre. Les figurants nombreux reconstituèrent une scène d'arrivée de train. Ils devaient descendre des rames et marcher sur le quai. Il aura fallu une journée entière pour recommencer plusieurs fois la prise pour qu'elle soit le plus juste possible. Une locomotive du début du XXe siècle fut retenue pour cette séquence du film se déroulant en 1915. Seul village viticole de la Haute-Vienne, Verneuil-sur-Vienne a donné satisfaction en tout point. "Et en plus, nous avons été superbement accueillis par des gens extrêmement gentils" ajouta même le réalisateur français.

 

Pour cette adaptation libre du roman de Ernest Perrochon paru en 1924, d’autres séquences du long-métrage furent tournées dans ce très beau département de Nouvelle-Aquitaine. Ainsi, les habitants furent mis à contribution dans les communes du Blond, Mortemart, ainsi qu’à La Bussière-Poitevine et Le Dorat.

 

Quelques kilomètres plus loin, à Montrol-Senard, c’est l’église Saint-Julien-de Brioude qui se donnait en majesté. Le baptême du film fut tourné dans ce très beau lieu édifié au XIIIe siècle. Deux jours de l’été 2016 furent nécessaire pour que les caméras se mettent branle. « Le réalisateur Xavier Beauvois aime travailler avec des gens vrais, qui ont les gestes, la tenue et le langage des personnes originaires du coin », explique Patrice Marchand, directeur de production. C'est pourquoi, le prêtre de la paroisse Michel Lamy tint son propre rôle dans le film. Les rues du bourg, l'école communale (fermée mais reconstituée comme à l’époque des années 30) et la maréchalerie furent aussi les vedettes de ce magnifique long-métrage.

 

C’est ensuite dans le département voisin de la Vienne (86) que le réalisateur césarisé pour Des hommes et des dieux tourna d’autres scènes de son film. "Les gens ici sont charmants, j'ai rarement vu un tel accueil", voilà comment Xavier Beauvois complimentait les habitants de Journet après quelques jours de tournage. C'est dans cette ferme à l'abandon du hameau de Champignolle à Journet que Nathalie Baye et Laura Smet se trouvèrent autour de la table de la pièce unique mais aussi dans les champs attenants. Puisque que le long-métrage est censé se dérouler en 1915, il fallait donc trouver un lieu dans son jus et n'ayant pas trop subi de modifications trop récentes. La ferme fut alors réhabilitée et réaménagée. Les collectionneurs du coin furent sollicités pour le prêt de carrioles et des chevaux de traits, ainsi que des agriculteurs pour trouver des vaches. Pour les grandes scènes de moissons, 400 figurants furent retenus. " Nous avons recruté des figurantes qui ont répété pendant des semaines en costumes avant de venir sur le tournage; elles sont pratiquement devenues des actrices.", confiera alors le réalisateur.

 

Pour replonger dans la France de la Première guerre mondiale ou pour partir sur les traces des Gardiennes, rien de mieux que des escales dans la Vienne et la Haute-Vienne. Décors naturels et décors urbains feront la joie des amateurs de cinéma historique, de ceux de Xavier Beauvois, ainsi que ceux de Nathalie Baye et Laura Smet.