Arleston: "New York m’a toujours fasciné"

Arleston, scénariste de Bande dessinée (Lanfeust de Troy, Lanfeust des Étoiles, Les Naufragés d’Ythaq, Les forêt d’Opale, Sangre...), a placé le premier tome de sa série "Ekhö- Monde Miroir" dans un New York revisité à la sauve fantasy. Il nous raconte sa passion pour cette ville.

Êtes-vous déjà allé à New York?

 

 

Oui, plusieurs fois ! La première fois il y a une vingtaine d’années. J’avais la trentaine, j’étais là en touriste. C’est une ville qui m’a toujours fasciné, et qu’on l’impression de connaître parce qu’on l’a vue dans tous les films, séries… Le reste des USA me faisait beaucoup moins rêver.

 

New York est à part. On a tout de suite l’impression d’être chez soi. En fait, c’est une ville beaucoup plus européenne qu’américaine. Je m’y suis tout de suite senti à l’aise. On a l’impression de faire partie de cette ville. Je me suis tout de suite acclimaté, je n’ai pas eu un seul instant l’impression d’être perdu. Ça vient sans doute des milliers de films qui s’y passent qu’on a vu…

 

Depuis, j’y suis retourné en touriste, mais aussi pour des conventions, des comics cons… Je deviens presque un habitué de certains coins ! J’adore central Park, par exemple. Harlem, aussi. Je m’y sens totalement à l’aise. Même dans ce quartier, je trouve que New York est une ville assez paisible.

 

 

Votre lieu préféré à New York?

 

Central Park : je trouve ça tellement marrant, ce parc immense en plein centre-ville, avec une vie foisonnante dedans… Il y a les promeneurs, les amoureux… Je rentre toujours par Colombus Circus, et je me balade, je loue un vélo jusqu’à Harlem. J’aime aussi beaucoup Soho, et Time Square. Même si c’est complètement ringard, j’ai une tendresse particulière pour ce coin. L’Hôtel W, où j’avais l’habitude de descendre, est à côté. Et il y aussi une steakhouse ou j’ai dîné avec Jim Lee !

 

Quels sont vos souvenirs les plus marquants de New York?

 

Les premières fois, ont fait les circuits de touristes... Et moi, j’ai fait cela en plein hiver ! Dans le taxi, je voyais tout le monde avec des cache-oreilles noirs ridicules, en oreilles de Mickey, et je me moquais des gens. Quand je suis descendu du taxi, j’ai couru m’en acheter un stock : il faisait super froid ! Autre naïveté de touriste dans ce genre : tenter d’aller en haut de l’Empire State Building en plein hiver. Entre le froid et le vent, je n’y suis pas resté longtemps…

 

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un se rendant pour la première fois à New York?

 

Se balader à pied. Moi, j’adore faire les villes à pied. Manhattan, ce n’est pas si grand. Partir à pied vers Brooklyn, en errance, au hasard, sans carte, sans idées préconçues, c’est magique. On trouve des pépites, des merveilles inconnues. Par exemple, il y a un resto grec formidable dans Brooklyn, on se croit à Athènes… Mais impossible de vous donner l’adresse !

 

Grosse déception, par contre: Chinatown. Le Chinatown de New York tient en deux rues.

 

Si New York était un film...

 

 

Un seul ? Difficile. Il y a tellement de New York différents. Le loup de Wall Street, pour un film récent. Beaucoup plus ancien : King Kong. Probablement la première image de New York que j’ai vu, quand j’étais petit. Le genre d’image qui marque un môme. Little Odessa, aussi, un film sur un quartier de New York que je suis allé visiter spécialement, après. J’ai fait ça aussi à Venise, par exemple avec les albums de Corto Maltese en main…

 

Côté films à New York, il y a aussi Elle et lui, une comédie romantique où ils se donnent rendez-vous en haut de l’Empire State Building. Et Carrie Grant dans la mort aux trousses d’Hitchcock, avec une scène mythique devant l’immeuble des Nations-Unis : Hitchcock n’avait pas eu le droit de tourner là, donc il s’était mis à la fenêtre d’en face, sans autorisation, et ça a donné ce plan magnifique, de haut.

 

Si New York était une série TV, ce serait:

 

Castle ! C’est très ancré dans New York, et ça me fait marrer de reconnaître les endroits. Les Soprano, aussi, en creux: New York y est toujours présentée comme «la ville où l’on va», et dans le générique, New York est dans le rétroviseur. Le New Jersey où se passe la série est quelque part la face sombre de New York. Et Friends, incontournable pour ma génération, qui est la série qui résume l’esprit de New York.

 

Si New York était une chanson, ce serait...

 

Liza Minnelli Chantant "New York, New York".

Si New York était un roman, ce serait:

 

Arnold the Geek of New York ! Un polar qui était paru dans le journal Libération, un été. Je l’ai toujours. Ça a mal vieilli, mais c’est une vision du New York underground qui m’avait marqué quand je l’ai lu, à 18-20 ans. Un type qui vit dans les égouts et passe ses journées au ciné. On ne parlait pas de ces choses-là à l’époque.

 

Si New York était une BD, ce serait:

 

Je ne suis pas du tout comics. Les types qui mettent leur slip par-dessus un pyjama moulant, j’arrive pas. Mais en BD franco-belge, j’aime beaucoup Soda, le flic de New York qui fait croire à sa mère qu’il est prêtre. Même si j’ai toujours trouvé bizarres ces Français qui situent toutes leurs histoires à New York. Personnellement je ne me sens pas légitime pour faire une histoire avec un héros américain.

 

Ha, et Will Eisner ! Un pacte avec Dieu, le Spirit… Juste magnifique. Et Tueur de Cafards, de Tardi, également. Un livre des années 80. Une vision glauque de New York. Vachement bien.

 

Vous même avez placé New York dans vos BD. Pourquoi avoir décidé de placer l'action du tome 1 d’Ekho – Monde miroir dans cette ville ?

 

 

Parce que c’est une des villes les plus emblématiques de la planète, et parce que c’est une ville 100 % moderne, qui permettait de jouer avec les contrastes en plongeant dans un monde de fantasy. Il me fallait un endroit qui n’avait jamais connu d’époque médiévale. Ça aurait plus difficile d’avoir le même effet avec Londres ou Paris, ou des endroits peuvent apparaître tels quels dans des univers médiévaux.

 

Les lieux précis ont été choisis pour qu’ils parlent à tout le monde : il me fallait Central Park, le métro, l’Empire State Building… Mais en version Fantasy. Et finalement ça s’y prêtait très bien. Transformer les immeubles en châteaux, utiliser les réservoirs d’eau sur les toits…

 

Pourquoi avoir décidé de consacrer chaque tome d’Ekho à une ville réelle, mais version fantasy ?

En fait, on ne va pas s’astreindre à faire des villes différentes à chaque album, jusqu’à être obligé de faire Bourges et Carpentras ! Je pense qu’on reviendra à New York, qui est l’origine de tout, et l’endroit ou l’on trouve l’agence Gratule. C’est déjà le cas dans l’album Deep South, d’ailleurs : on commence l’aventure à New York, au Lacy’s, la version fantasy du Macy’s, puis à l’Apollo Theater.

 

 

Que pensez-vous de l’initiative de Fantrippers de réaliser un guide de New York des lieux apparaissant dans des films, séries TV, romans, BD, musiques?

 

C’est une super idée ! Moi, c’est le genre de chose dont je pourrais être client. Découvrir les lieux liés à des œuvres, c’est une façon de voyager qui me plaît vraiment.

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